Ne pas chercher de sens. Ne pas subir. Faire face. Être forte.

Il y a plus d’une décennie, j’ai connu la spirale du malheur. Les événements incroyablement horribles se succédaient … inlassablement. Je me rappelle ma détresse, mon angoisse et ma terreur. La vie ne me laissait pas le temps de me remettre d’un drame qu’un autre se pointait.

Et tout a commencé avec le décès de ma mère. Un cancer.

 

Et puis, le hasard, la vie, le destin, je n’en sais rien, a permis que je rencontre Saskia.

Elle a l’âge que ma mère devrait avoir.

C’est une femme indépendante, spirituelle, sure d’elle. J’admire la force et la quiétude qui se dégage d’elle.

C’est également une mère qui s’est totalement abandonnée à ses enfants. Elle règle sa vie sur la leur. Je jalouse ces filles qui ne peuvent comprendre.

Je me suis accrochée à elle comme si ma vie en dépendait. Elle est devenue une mère de remplacement pour la jeune adulte en détresse que j’étais.

Saskia est toujours là pour m’écouter, m’aiguiller et me soutenir. A son contact, je reprends pied et ma vie s’apaise. C’est grâce à elle que j’ai eu le courage de reprendre mes études. C’est grâce à elle que j’ai fait le choix de m’engager avec mon homme. C’est grâce à elle que j’ai pris conscience de ma valeur. Bref, c’est à elle que je dois en partie la vie merveilleuse que j’ai aujourd’hui.

Et puis une fois adulte installée confortablement dans la vie nous nous sommes quelque peu perdues. Ce que j’aimais chez elle, sa liberté, son lâcher prise, m’ont fait peur. Avec les années j’ai changé. Elle, elle est restée fidèle à ce qu’elle était. Même si nos contacts deviennent irréguliers, nous nous voyons à des moments forts. Mon mariage. Mes grossesses. Mes mutations professionnelles.

 

C’est alors que je me suis raccroché à une autre femme, Blanche. Toujours avec cette même force. Ce besoin de combler la place de mère vacante. C’est la sœur de  ma mère. Le temps de ma dérive elle a su se mettre en retrait et patienter, le temps que je revienne vers elle. Elle a su me réapprivoiser et m’a accueillie chaleureusement et tendrement le moment venu. Blanche me parle de ma mère. De ma vie d’avant. Et c’est bon. De par sa présence et sa mémoire, elle fait encore exister ma mère. Elle m’enracine dans mon histoire familiale. Auprès d’elle, après avoir trouvé ma place dans la société, je retrouve ma place dans ma famille.

Aujourd’hui, elle a le rôle de grand mère pour mes enfants. C’est important. C’est primordial.

Toutes les semaines on s’appelle pour échanger des nouvelles. Le boulot. Les enfants. La vie. Quand on se voit, on rigole, on cuisine, on glande. C’est ce que font les mères et les filles non ?

 

Depuis près d’une décennie, je suis heureuse. Je me suis construit une vie agréable, sereine et épanouissante. J’ai enchaîné succès et bonheur. Inlassablement. Je nage dans la félicité. La roue du bonheur tourne à plein régime, relancée régulièrement par Saskia et Blanche.

 

Et puis depuis début février cette fameuse roue s’enraye.

Les deux mères que je me suis choisies, celles qui m’ont porté et me portent aujourd’hui tombent malades. En même temps. Encore du cancer.

Des émotions que je pensais à jamais apaisées, resurgissent. Aussi violentes qu’avant. L’espace de quelques jours je redeviens l’adolescente seule, abandonnée et en colère. J’ai mal. J’ai peur. Non je n’ai pas peur, c’est plus que ça, je suis terrifiée.

Aujourd’hui, je ne veux pas croire que la spirale du malheur va se remettre en marche. J’ai travaillé trop dur à construire mon bonheur. Tout ne peut pas s’effondrer d’un coup.

Et puis, malgré mon épouvante, j’ai de l’énergie et de la force pour aider et soutenir ces deux femmes qui m’ont tant apporté. A mon tour d’être là pour elles.

Je ne suis plus l’adolescente qui regarde impuissante et dans l’incompréhension, la maladie grignoter et emporter sa mère.

Je suis la femme qui va se battre et accompagner ces deux figures maternelles et ce,  quelles que soient les épreuves qui se présentent.

Et si je suis en capacité de le faire, c’est grâce à elles.

 

Claire, qui se demande pourquoi le cancer attaque ses mères …

 

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PS: Je m’excuse sincèrement auprès de maman youpie , la gagnante de mon concours de janvier. Je n’ai pas eu le temps ni l’énergie de me poser devant ma machine à coudre. Mais je ne l’oublie pas et je vais trouver la force d’honorer mon engagement. Une fois que j’aurai repris pied.

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