Je te confie à une autre pour quelques heures … mais mon dieu que c’est douloureux

Tu avais déjà plus de 9 semaines d’existence lorsque j’ai su que tu grandissais en moi. 65 jours durant lesquels tu fessais ton nid au creux de mon ventre. Discrètement. Je me souviens de mes craintes, mes doutes et mon appréhension. Tu n’étais pas « prévu ». Tu n’étais pas attendu.  Tu ne le savais pas mais je n’aime pas les surprises.

J’ai bien mis 15 jours pour me faire à l’idée. 2 semaines avant de pouvoir sourire à ton évocation. Tu seras mon dernier enfant. Ma dernière grossesse.

Toi et moi avons profité pleinement des 30 semaines de fusion qui nous restaient avant notre première rencontre.  210 jours durant lesquels nous étions bien, dans notre bulle. Notre lien s’est créé, fusionnel et puissant.

Nos yeux se sont croisés pour la première fois le 27 juin dernier. Depuis 192 jours, une grande partie de mes journées, de ma vie, tourne autour de toi. Te nourrir, te bercer, te couvrir de baiser, te caresser, te baigner, jouer avec toi, recevoir tes sourires, t’écouter, te sentir, te porter …

Et puis voilà, c’est le moment d’apprendre à vivre l’un sans l’autre. Du moins quelques heures par jour. C’est une étape inévitable. La merveilleuse parenthèse se termine. C’est le retour à la vrai vie.

J’ai fait le choix de te laisser entre les mains d’une nourrice douce, calme et tolérante. Une femme qui même avant de te connaitre me questionnait sur tes habitudes et ton caractère, preuve pour moi qu’elle a un réel intérêt pour toi. Je suis rassurée de te confier à elle. Je pense ressentir de la confiance vis à vis d’elle. Je ressens qu’elle est parfaite pour toi.

Lors de votre première rencontre tu lui as souri. Quand elle t’a pris dans ses bras tu t’es cambré pour mieux voir son visage, la toucher. Quand je suis partie tu lui parlais. Quand je suis revenue elle te portait. Je t’ai vu détendu, serein. Visiblement j’ai fait le bon choix. Intellectuellement j’assimile cette certitude.

Mais pu**** qu’est ce que c’est dur. Tu me manques. Viscéralement. Je ressens un sentiment très animal et incontrôlable. Je suis envahis d’une tristesse et de nausées violentes.  Et je ne parviens pas à me raisonner, à relativiser.

Et c’est normal.

Demain quand je te laisserai encore ces sentiments difficiles se feront plus discret.

Puis les jours suivants ils se feront de moins en moins entendre. Je sais même que nous serons très heureux de nous revoir. Nous passerons même d’agréables moments l’un sans l’autre. Toi avec ta nourrice, tes amis, tes nouveaux jeux. Moi avec mes amis, mes collègues, mes sorties.

Je le sais. Je l’ai déjà vécu.

Mais dans l’attente, j’ai mal.

Encore 1/2 heure. Encore 30 minutes.

 

Claire, pour qui le retour à la vraie vie n’est pas facile …. comme pour toute maman

 

dscn5544bis

 

 

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