Rien n’est éternel …. sauf peut-être le souvenir qu’on laisse. Sacha Guitry

Elle, c’est Lise. La vingtaine. Intrépide. Intelligente. Vive et poète dans l’âme. Elle vit sa vie au jour le jour, de façon intense.

Lionel, 28 ans est un jeune homme solide, entier et passionné. Son objectif dans la vie est simplement de vivre heureux.

Deux jeunes gens aux désirs un peu banales mais sincères.

Blotti l’un contre l’autre, il aime lui rappeler leur rencontre d’il y a 6 mois.

Ce soir d’hiver est brumeux, glacial mais clair. L’ambiance aurait pu être romantique si ce n’est que leur premier regard est échangé devant un Mc Do minable.

Lionel sort précipitamment du fast food, un sac lourd et huileux dans les bras, pressé de rejoindre ses amis planté devant la télé chez lui.

La jeune femme entre dans le restaurant pour se perdre dans la masses des anonymes et se vider la tête tout en manger des calories par millier, pour se remonter son moral.

  • M -5 secondes.

Il range comme il peut sa carte bancaire dans son manteau.

Elle frissonne en se remémorant son dernier rendez-vous.

  • M-4 secondes.

Il ferme comme il peut son manteau.

Elle prend sur elle pour ne pas se laisser envahir pas une soudaine envie de vomir.

  • M-3 secondes.

Il cale son paquet entre son corps et son bras pour pouvoir ouvrir la porte.

Elle tente de mettre de côté ses idées noires.

M-2 secondes.

Il est écœuré par l’odeur, trop proche, des sandwichs et autres fritures.

Elle dessert son écharpe de laine qui l’irrite et l’agace.

  • M -1 seconde.

Le froids, cruel, le saisi à peine la porte ouverte.

Elle se demande si elle a de la monnaie suffisante pour se payer un menu plus un dessert lacté saturé de sucre.

  • Moment M. Impact.

Il ne l’a pas vu.

Elle avait la tête ailleurs.

Son sac s’écrase en touchant le sol.

Elle tombe à la renverse.

Lionel se retrouve les mains vide, l’air bêta. Il est partagé entre la colère de devoir de nouveau faire la queue pour avoir de quoi manger ce soir et la honte d’avoir fait tombé une parfaite inconnue.

Elle tente de se relevé pour hurler sur cet imbécile .

Dès que leurs regards se croisent, leurs fureurs se muent en un trouble agréable. Le temps se fige.

Quelques minutes plus tard, ils se retrouvent à échanger autour d’une table du Mc Do. Ils sont gênés mais ressentent une certaines attirance l’un pour l’autre. En bon mâle qu’il est, il se plait à ressortir ce sentiment d’excitation. Ça lui donne de l’assurance, il devient téméraire et lui demande son numéro de téléphone. Elle tente de ne pas monter son trouble mais accepte de le revoir.

Dès le départ, leur relation est idyllique et fusionnelle. Ils s’aiment à la folie. Lui est démonstratif et prêt à tout pour lui prouver son amour. Elle se laisse emporter par cette fougue si agréable.

Il veut faire sa vie avec elle, planifie mariage, bébé, plan épargne logement. Elle ne rejette aucun projet et rit à gorge déployé quand il part dans ses délires.

Elle veut l’ouvrir aux beautés du monde qui les entoure. Elle lui fait exprimer ses ressentis aux musées, gouter des recettes surprenantes et l’initie à la méditation. Il l’a suis, fasciné.

La vie est douce quand l’amour nous porte.

« – je ne pourrais jamais plus vivre sans toi. Il m’est impossible de passer une journée sans te toucher, te désirer, t’aimer » lui susurre-t-il à l’oreille avant de l’embrasser dans le cou

S’écartant de son emprise pour planter son regard dans le sien Lise lui répond d’un ton grave « – rien n’est éternel …. Sauf peut-être le souvenir qu’on laisse ».

Submergé par ses hormones, il ignore cette remarque trop philosophique pour lui dans ce moment précis.

Après l’amour, elle pose son oreille sur le torse chaud de Lionel. Soudain, elle se relève un sourire au coin et le regard malicieux

« – je te prends au mot : je te mets au défi de passer une journée sans moi »

« – ?? »

« – allez !!!! Juste une journée ! Nos retrouvailles ne seront que plus intenses. Chiche ? »

« – je ne vois pas l’intérêt mais je ne peux que céder devant la promesse de retrouvailles intenses ».

Ils se séparent le lendemain midi après un déjeuner ensemble.

« A demain » lui lance-t-il en quittant le bistrot « n’oublie pas ta promesse »

En réponse, Lise lui renvoie un visage radieux et illuminé.

L’après-midi passe. Il se concentre sur son travail commandé par son boss.

Elle passe son temps à se fait belle et à choisir soigneusement quels vêtements elle portera demain.

Il se couche dans le canapé mou de son ami et refreine son envie d’envoyer un sms à sa compagne.

Elle se couche tôt avec un sentiment inconnu : mélange de sérénité et de peur.

Ils ont prévu de se retrouver à 14 h devant l’hôtel rue d’Astrée.

Vers midi, il ressent de la fierté d’avoir tenu ce défi. De son côté, elle est sûre de son choix.

Peu avant l’heure convenue du rendez-vous, Lionel reçoit un sms.

« chambre 42 »

Quand il arrive, d’un pas rapide, devant l’hôtel, il n’entend pas au loin la sirène des pompiers. Très pressé, il montre les marches à grande enjambé. Ainsi, il ne croise pas dans l’ascenseur le directeur de l’hôtel. Quand il ouvre la porte du palier, il se fait intercepté par un homme qui barre l’accès à l’étage. Il ne comprend pas la présence de cet homme à la mine austère mais en profite pour se faire diriger vers la chambre.

« – pouvez-vous m’indiquer la chambre 42 »

« – vous êtes Lionel ? »

Surpris, le jeune homme commence à se sentir mal sous le regard particulier de cet homme inconnu qui connait son identité.

« – j’ai ce message à vous transmettre » dit-il doucement en lui bloquant le passage à la chambre 42 mais en l’incitant à entrer dans la chambre voisine.

Lionel ne pose pas de question.

Est un jeu ? Est-ce une tragédie ? Il se sent comme dans du coton, n’osant pas trop intellectualisé les évènements.

L’enveloppe est jaune claire. Il reconnait tout de suite l’écriture ronde et régulière de Lise.

« A destination exclusive de Lionel »

« mon amour,

Tu as réussi à vivre une journée sans moi. Maintenant, tout comme toi, je sais que tu es capable de le faire tous les jours suivant ».

A l’hôpital, on lui apprend que Lise se battait contre le cancer depuis plusieurs années et que l’hiver dernier, le professeur-oncologue lui annonçait que sa bataille était perdue. Lise a fait le choix de vivre 6 mois par amour. Lise a fait le choix du jour de sa mort.

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